ReMoVe : un soutien financier au report modal

Mis en place par l’Ademe et financé par les certificats d’économie d’énergie, le programme ReMoVe fait l’objet d’un appel à projets jusqu’au 30 juin. L’objectif affiché est le soutien au report modal vers le fluvial et le ferroviaire.

Le premier appel à projets Report modal et verdissement (ReMoVe), en 2025, avait permis de financer une trentaine de projets de report modal, moitié vers le ferroviaire, moitié vers le fluvial, sur la soixantaine de dossiers déposés. Le second appel à projets de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) s’adresse, comme le premier, aux chargeurs, aux commissionnaires, aux transporteurs routiers. Nouveauté, il concerne aussi les compagnies maritimes organisant le transport terrestre (carrier haulage) ainsi que les opérateurs de services fluviaux.

« La mesure centrale, et la principale différence par rapport au programme EVE qui préexistait, c’est qu’il ne s’agit pas seulement d’une labellisation mais d’un système de financement pour le lancement effectif de nouveaux transports multimodaux, avec des financements très significatifs si cela concerne des tonnages importants », indique Eloi Flipo, responsable du report modal chez Voies navigables de France (VNF).

Logo du programme ReMoVeUn budget conséquent

Pour le seul transport fluvial, 3,8 millions d’euros avaient été attribués en 2025. Il reste donc près de 5 millions d’euros de budget pour ce nouvel appel à projets ReMoVe, pour lequel les dossiers doivent être envoyés à l’Ademe avant le 30 juin.

Pour leurs projets d’utilisation du transport fluvial, les donneurs d’ordres peuvent bénéficier du soutien de VNF, dont le rôle ne se limite pas à l’exploitation du réseau navigable. L’établissement public a d’ailleurs son propre Programme d’aide au report modal (PARM), cumulable avec le dispositif ReMoVe.

Côté rail, l’action de promotion du mode ferroviaire n’est pas du ressort de SNCF Réseau mais des associations professionnelles : l’Alliance Fret ferroviaire français du futur (4F), le Groupement national du transport combiné (GNTC) et l’Association française du rail (AFRA).

Accompagnement des chargeurs

Les chargeurs ou organisateurs de transport souhaitant se faire accompagner sur le chemin parfois difficile du report modal peuvent aussi bénéficier du service de consultants spécialisés dans les transports. Au-delà des dépenses d’investissement, qui peuvent être aidées jusqu’à un maximum de 800 000 euros pour les plus lourdes comme l’aménagement d’un quai fluvial ou d’un embranchement ferroviaire, les études d’accompagnement peuvent aussi être prises en charge par ReMoVe.

« Il faut d’abord faire un diagnostic pour déterminer quels flux actuellement confiés au transport routier sont reportables sur le rail ou sur le fleuve », conseille Hélène Heyd, consultante alsacienne qui préconise pour cela le recours à la plateforme du  programme national  Appel d’Air, développé par l’association AI Cargo Foundation : cet outil, gratuit pour les chargeurs, indique quels transports sont reportables sur les modes massifiés et quels opérateurs sont susceptibles de les prendre en charge. Il comporte aussi un volet permettant la mutualisation des flux.

« Pour les entreprises souhaitant passer aux modes massifiés, l’effort porte surtout sur un changement de leur organisation précédente basée sur le transport routier, précise Hélène Heyd : « il faut parfois modifier les cadences de production, adapter les stocks, revoir la supply chain… le plus difficile, c’est la conduite du changement. » Des changements, et parfois des investissements, dont les surcoûts sont pris en charge par les aides du programme ReMoVe, avant que les entreprises profitent des avantages financiers et environnementaux du ferroviaire et du fluvial.