
La Communauté d’agglomération d’Épinal porte un projet de plateforme ferroviaire à Chavelot, au service notamment de l’industrie papetière vosgienne et de la production de carburant aérien décarboné. Une consultation est en cours pour préciser ses caractéristiques techniques, avant l’AMI en septembre afin de trouver le futur exploitant.
La Communauté d’agglomération d’Épinal et la société d’économie mixte des territoires SEBL Grand Est ont lancé une consultation visant à préparer la sélection de l’exploitant d’une plateforme multimodale rail-route qui pourrait voir le jour sur la commune de Chavelot, à quelques kilomètres au nord d’Épinal.
Ce projet de plateforme ferroviaire doit avant tout desservir les industriels et logisticiens déjà implantés dans la Green Valley vosgienne. Son emplacement sera voisin de l’embranchement ferroviaire du papetier Norske Skog, qui importe déjà sur son site spinalien du bois et de la pâte à papier et dont les flux devraient augmenter à l’avenir.
La future plateforme doit aussi favoriser l’implantation de nouvelles activités sur la zone d’activités économiques Ecoparc, dont la communauté d’agglomération d’Épinal a concédé l’aménagement à SEBL Grand Est. La valorisation de la filière bois et le développement des énergies décarbonées sont les deux principales orientations de cet Ecoparc de Chavelot, sur lequel doit s’implanter la plateforme ferroviaire.
Train obligatoire pour le carburant durable d’aviation
« Le ferroviaire est indispensable aux acteurs économiques spinaliens, et le sera encore davantage pour l’Ecoparc dont l’activité sera tournée vers la chimie verte, explique Kevin Thullier, chef de projet chez SEBL Grand Est. Du carburant durable pour l’aviation (e‑SAF) doit être produit à partir de CO2 récupéré sur les chaudières biomasse de la Green Valley. Or, ce carburant, pour conserver son aspect décarboné, doit absolument être transporté par train. »
Outre ces 80 000 tonnes par an de carburant d’aviation e‑SAF, d’autres flux ferroviaires potentiels ont été identifiés par SEBL Grand Est : des caisses mobiles, à raison de 162 UTI par semaine en réception et 85 UTI en expédition, et des marchandises diverses qui pourraient concerner deux arrivées et départs de trains par semaine.
« Il se peut qu’il y ait d’autres trafics transférables sur le train que l’on n’a pas encore identifiés, indique Kevin Thullier. Les petits trafics diffus pourraient avoir leur intérêt, avec du fret conventionnel sur palette. Les opérateurs ont un rôle à jouer pour aller chercher les trafics. Ils ont, d’ailleurs, peut-être déjà des clients intéressés. »
Un futur AMI au plus près des attentes des opérateurs
Le projet de plateforme ferroviaire de Chavelot fera l’objet en septembre 2026 d’un appel à manifestations d’intérêt (AMI) visant à choisir un opérateur en mai 2027. « Le présent sourcing ne constitue ni un appel public à concurrence, ni une procédure de passation au sens du code de la commande publique », précise SEBL Grand Est. Il a pour but de préparer la procédure de sélection d’un opérateur économique : c’est sur cette pré‑consultation que la société d’économie mixte s’appuiera pour monter son dossier de maîtrise d’œuvre.
La pré-consultation en cours vise à ce que le futur AMI soit au plus près des attentes de l’ensemble des acteurs économiques, aussi bien du point de vue du dimensionnement ou de l’aménagement technique que du mode d’exploitation : pour l’instant, une convention d’occupation temporaire est envisagée, mais l’exploitation de la future plateforme ferroviaire pourrait aussi prendre la forme d’une concession par exemple.
Les modalités de financement de la future plateforme ferroviaire restent à définir, mais son coût est estimé entre 15 et 25 millions d’euros, selon le périmètre qui sera retenu pour le projet. Le démarrage des travaux est envisagé pour fin 2027 ou début 2028, pour un début d’exploitation visé dès l’année 2029.









