
Les Transports Daniel Feron ont inauguré, le 22 janvier dernier, les bornes installées pour la recharge de leurs trois nouveaux poids lourds électriques. Des échanges de recharge sont prévus avec d’autres transporteurs dans le cadre d’Alphya pour étendre au niveau national le rayon d’action des camions électriques.
En avril 2025, la célébration du 60e anniversaire des Transports Daniel Feron a été l’occasion pour le transporteur de Pouan-les-Vallées (Aube) d’inaugurer son premier camion électrique. Le 22 janvier 2026, une nouvelle cérémonie a été organisée pour inaugurer la station de recharge poids lourds.
Selon Dominique Feron, président de l’entreprise, cette « première station de recharge pour camions électriques du département de l’Aube marque une étape clé dans la transition énergétique du transport routier local ». Avec un raccordement électrique de 2 000 kVA, la station de recharge est aujourd’hui dotée de trois bornes de 400 kW. Elle est prévue pour un total de huit points de charge afin d’accompagner l’électrification de la flotte des Transports Feron, qui comprend aujourd’hui trois tracteurs routiers électriques Mercedes eActros 600.
Une décarbonation par étapes
Cette acquisition de camions électriques est dans la continuité de la politique de l’entreprise auboise de décarbonation de sa flotte. Il y a cinq ans, elle avait acquis son premier camion fonctionnant à l’Oleo 100. Elle est aujourd’hui à la tête d’une dizaine de tracteurs routiers fonctionnant au biocarburant. « Le B100 a un surcoût de 4 000 euros par camion à l’achat du véhicule et de 400 euros par mois en entretien, constate Dominique Feron. Le carburant est un peu plus cher, mais son prix est moins volatile, ce qui n’est pas anodin alors que le diesel vient de prendre 30 centimes en 72 heures avec la fermeture du détroit d’Ormuz. »
Des investissements lourds tant pour la station que les véhicules
Si les Transports Daniel Feron ne regrettent pas ce choix de l’Oleo 100, qui répond au souhait de décarbonation de certains clients, la flotte de moteurs compatibles ne va pourtant pas augmenter. La décision d’aller vers des camions électriques a, en effet, été prise début 2024. Après confirmation par Enedis que la ligne haute tension toute proche permet une alimentation à 2 000 kVA, les études commencent début 2025 pour la construction de la station de recharge. Le chantier a débuté en juin 2025, pour une mise en service à l’automne dernier. Au total, cette station de recharge a coûté 8 millions d’euros. Quant aux camions électriques, leur coût d’acquisition est de l’ordre de 300 000 euros pièce, soit 2,5 fois le prix de l’équivalent motorisé en diesel.
L’électrification de la flotte des Transports Daniel Feron va se poursuivre, au rythme d’un à deux camions par an. « Cela dépendra du contexte économique, et aussi de la demande des clients, explique Dominique Feron. Ces camions électriques ne sont pas faits pour démarcher de nouveaux clients, mais pour travailler pour nos partenaires habituels qui veulent décarboner leurs transports. Cela concerne toutes les filières et toutes les tailles d’entreprises. »
Des transports majoritairement agricoles
Créés en 1964 avec l’achat d’un premier camion-benne, les Transports Daniel Feron exploitent aujourd’hui 90 véhicules et sont restés implantés à Pouan-les-Vallées, à 25 km au nord de Troyes. L’entreprise, dirigée depuis 2005 par Denis et Dominique Feron, les fils du fondateur, est restée spécialisée dans les transports de produits agricoles. Leur principal client historique : la coopérative sucrière Cristal Union, dont l’une des sucreries est implantée à Arcis-sur-Aube, commune voisine de Pouan-les Vallées.
Du local… à l’international
Aux transports saisonniers de betteraves sucrières, de septembre à janvier, s’ajoutent les transports de pommes de terre : les Transports Daniel Feron sont équipés pour en stocker 30 000 tonnes sous température dirigée, et en expédient chaque jour en vrac vers Cavaillon. Les transports industriels et agroalimentaires complètent l’activité de l’entreprise, qui est aussi bien locale que nationale et même internationale, à destination principalement du Benelux mais aussi dans une moindre mesure de l’Allemagne, de l’Espagne et de l’Italie.
« Nous affectons en priorité les camions électriques au trafic local, car le coût du rechargement des camions sur stations publiques est prohibitif, indique Dominique Feron. Avec 500 km d’autonomie, nous pouvons aller en électrique jusqu’à la région parisienne, Chartres, Dijon ou Saint-Quentin. Mais nous avons besoin d’aller plus loin. »
Alphya pour la mise en commun des stations de recharge
La solution passe par la mutualisation des bornes de recharges avec d’autres transporteurs. Pour cela, les Transports Daniel Feron ont adhéré au réseau Alphya. Créé sous la houlette du groupe H2P, déjà à l’origine de la bourse de fret B2PWeb, Alphya permet aux transporteurs équipés de bornes de recharge pour poids lourds de mettre en place des accords d’échange de recharge.
« Nous chargerons dans notre station les camions de transporteurs chez qui nous irons aussi nous charger afin de pouvoir rouler en électrique un peu plus loin. Mais il ne s’agit pas de stations publiques », précise Dominique Feron.









