Une cheffe d’entreprise du Grand Est à la tête du groupement Flo

Nouvelle présidente du groupement Flo depuis le début de l’été, Anaïs Raulet Malvaux dirige trois entreprises de transport routier actives principalement dans les Ardennes, avec chacune une spécialité marquée.

Succédant à David Sagnard (groupe Carpentier, basé à Calais), qui le présidait depuis 2020, Anaïs Raulet Malvaux a été élue en mai dernier à la présidence du groupement Flo. Regroupant 110 entreprises de transport routier, soit environ un adhérent par département, le groupement créé en 1993 dispose d’un maillage national. Les cinq permanents, basés à Bruges, près de Bordeaux, structurent l’action du groupement en matière de formation, de stratégie, de relations avec les fournisseurs, ou encore de formation via Flo Académie.

Surtout, la vie du groupement est faite de rencontres entre les adhérents : « Cela permet de sortir de l’isolement du chef d’entreprise, mais aussi de partager des bonnes pratiques et même de réaliser des achats en commun », résume Anaïs Raulet Malvaux. L’entraide entre les entreprises, cependant, n’a pas pour but d’aller chercher une clientèle au-delà de la zone d’implantation de chaque entreprise adhérente, le groupement n’ayant pas pour objectif le développement commercial.

Mutualisation au sein de Flo Palettes

Seule exception : certaines entreprises adhérentes participent à Flo Palettes. Il s’agit d’une entité juridique distincte du groupement, qui exploite plusieurs hubs en France pour des échanges de palettes entre transporteurs routiers, qui peuvent ainsi mutualiser leurs voyages. Parmi les « Flo », soixante transporteurs participent à ce réseau Flo Palettes, qui permet la distribution au niveau de chaque région de lots d’une à six palettes. La plateforme centrale de Flo Palette est basée à Gidy, près d’Orléans. Pour le Grand Est, le hub régional se situe à Domgermain, près de Toul, au sein des Transports Hazotte. « Les Transports Malvaux ne font pas partie du réseau Flo Palettes, mais on y réfléchit », confie Anaïs Raulet Malvaux.

Les palettes sont loin d’être la seule activité du groupe Malvaux. Celui-ci est constitué de trois entreprises distinctes. Tout d’abord, les Transports Malvaux, créés en 1987 par le père de l’actuelle dirigeante. L’entreprise, basée à Tagnon (Ardennes), entre Reims et Rethel, emploie 50 salariés et a réalisé 8 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025.

Malvaux, un groupe de transport routier diversifié

Les 38 véhicules dont disposent les Transports Malvaux constituent une flotte diversifiée (tautlinier, frigo, benne, citerne), ce qui lui permet d’effectuer tous types de transports dans la moitié Nord de la France, le Benelux, l’Espagne et l’Italie. Ses clients sont de trois types : la grande distribution, l’industrie, et bien sûr l’agriculture lors des moissons, des récoltes de betteraves ou des vendanges. L’entreprise s’est aussi diversifiée dans la logistique, surtout pour les domaines alimentaire et médical, avec 3 000 m² d’entrepôts permettant le stockage y  ompris en froid négatif ou positif.

Engel est la deuxième entreprise du groupe, filiale des Transports Malvaux depuis son rachat en 2016. L’entreprise, exploitant 10 moteurs et employant autant de conducteurs, a réalisé 2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025.

Son activité, sur le périmètre de la région Grand Est, est principalement liée à l’agriculture et aux travaux publics, la flotte étant constituée de bennes céréalières et bennes à fond mouvant. Le siège d’Engel se trouve à Margerie-Hancourt (51), aux confins de la Marne, de l’Aube et de la Haute-Marne, avec un parking pour les poids lourds et un atelier mécanique. L’activité est pilotée depuis Tagnon par la maison-mère.

Croissance externe et ancrage local

Leblanc, enfin, est la troisième entreprise du groupe, rachetée en 2022. Elle compte une trentaine de véhicules et 35 salariés. L’activité consiste principalement à transporter toute sorte de marchandises palettisées, puisque la flotte est constituée majoritairement de tautliners. Basée à Reims, Leblanc concentre les deux-tiers de son activité en région Grand Est et dans le Nord de la France, le reste étant à destination du Sud-Ouest et du Sud-Est.

Ces acquisitions successives ont eu pour but, selon Anaïs Raulet Malvaux, de trouver des complémentarités sur les flux et de mutualiser les clients en commun, mais surtout de diversifier la clientèle : « Entre la Marne et les Ardennes, nous avons des activités très différentes, même si c’est proche géographiquement. Nous restons en veille sur une éventuelle croissance externe, mais dans un rayon maximal d’une centaine de kilomètres afin de maintenir un management de proximité, compatible avec une direction familiale du groupe. »

L’urgence de la transition énergétique

La hausse du prix du carburant est bien sûr l’actualité la plus importante pour les Transports Malvaux comme pour les autres membres du groupement Flo. L’écoconduite, mise en place depuis de nombreuses années par tous les adhérents, prend plus que jamais de l’importance. Elle est même prise en compte par l’accord d’intéressement des Transports Malvaux, explique sa présidente : « Les conducteurs sont challengés sur ce sujet, avec une note d’écoconduite qui intervient dans la part variable personnelle, qui s’ajoute à la base commune prévue par l’accord d’intéressement. »

L’utilisation d’énergies alternatives, et surtout l’électrification, sont aussi des sujets majeurs pour l’ensemble des transporteurs « Flo ». Les Transports Malvaux n’utilisent plus uniquement du gazole mais aussi 5 % de XTL, sur la demande d’un de leurs clients. Le passage au camion électrique est aussi envisagé, avec une étude de marché en cours pour l’installation d’une borne de recharge.

Un camion électrique pour 2027… avec le soutien d’Alphya

« Nous avons l’espoir de compléter notre flotte avec un premier camion électrique en 2027, mais cela dépendra de la durée des travaux nécessaires pour l’installation électrique, que nous évaluons actuellement avec Enedis et le prestataire d’installation de la borne, explique Anaïs Raulet Malvaux. C’est un préalable indispensable, car le coût de recharge sur une borne publique oblige à avoir sa propre installation de chargement électrique. »

Une autre solution est la mutualisation des bornes entre différents transporteurs : c’est la raison d’être de la société Alphya, qui apporte aussi aux transporteurs l’ingénierie nécessaire au déploiement des infrastructures de recharge. Elle a pour actionnaire majeur la holding H2P, dont le groupement Flo est lui-même actionnaire.

Alphya associe, par ailleurs, directement une centaine d’entreprises de transport routier. Les Transports Malvaux en font partie, tout comme les Transports Daniel Feron. Cette entreprise, située dans le nord de l’Aube, a inauguré sa propre station de recharge électrique en janvier dernier et peut donc la mutualiser avec d’autres transporteurs au travers du réseau Alphya (voir notre article du 24 mars 2026 pour en savoir plus).

 

Photos : © Transports Malvaux, Groupement Flo, Photographe Arthur Aumond