
L’institut en innovation logistique (I2L) de Metz a créé avec la startup KryptoStone un programme de recherche pour l’utilisation de la blockchain dans la traçabilité des matériaux de construction. L’objectif de cette chaire d’entreprise est d’établir une norme pour la logistique inverse dans le bâtiment afin de favoriser le réemploi des matériaux.
Depuis sa première rentrée en 2023, l’Institut en innovation logistique (I2L) a bien grandi puisqu’il accueille aujourd’hui 109 étudiants. L’école, qui forme à Metz des ingénieurs spécialisés en logistique, a lancé sa chaire d’entreprise intitulée R5BC pour « Return, Repair, Reuse, Recycle, Reverse logistics based on BlockChain » (soit en français : renvoyer, réparer, réutiliser, recycler et assurer la logistique inverse en utilisant la technologie des chaînes de blocs).
Cette chaire industrielle associe l’I2L à la startup messine spécialisée dans la blockchain au service de l’immobilier KryptoStone. Sous l’égide du directeur de l’I2L, Nidhal Rezg, elle réunit un ingénieur de recherche et deux doctorants.
Une base de données pour les matériaux de réemploi
« L’objectif de cette chaire, c’est de mettre en place l’équivalent de la base de données environnementales pour le bâtiment INIES, mais pour les matériaux de réemploi, explique Nidhal Rezg. Pour cela, il faut s’assurer de la provenance des matériaux lors de la démolition et en assurer la traçabilité lorsqu’ils sont réemployés sur un autre chantier directement ou après stockage. Pour cela, nous mettons en place un passeport numérique et un tri des matériaux en fonction de leur qualité, leur sécurité et leur conformité : certains peuvent être réutilisés tout de suite, d’autres nécessiteront une intervention ou réparation, d’autres encore seront à rejeter. La durée de vie résiduelle des matériaux doit aussi être évaluée, afin de permettre la garantie décennale. »
Pour assurer la traçabilité des matériaux de réemploi, la blockchain est utilisée comme une « couche de confiance numérique » : l’inscription dans la blockchain des données de transaction ou de transport de chaque matériau, à chaque étape de leur cycle de vie, se fait en toute transparence et de façon décentralisée.
Premiers résultats publiés
Ce programme de recherche R5BC bénéficie du soutien de la Région Grand Est et de Metz Métropole, et sera bientôt rejoint par un nouveau partenaire : l’entreprise de construction Demathieu Bard, dont le siège est à Montigny-lès-Metz (57).
Cette chaire d’entreprise a été créée pour cinq ans, avec l’ambition de faire émerger dès 2028 une nouvelle norme française, voire européenne, pour le réemploi des matériaux de construction. Les premiers résultats de la chaire R5BC ont été publiés en ligne le 2 mars.
L’I2L a l’ambition de lancer un autre programme avec des entreprises, sur la thématique de la robotique et de l’intelligence artificielle appliqués à la logistique, avec le souci de garder l’humain au centre de l’activité en faisant monter en compétence les personnels du secteur. « Nous sommes actuellement à la recherche d’entreprises partenaires », déclare Nidhal Rezg, qui espère « aboutir d’ici septembre 2026 à la création d’un chaire industrielle ou d’un “living lab”, c’est-à-dire un démonstrateur d’application pour des entreprises ayant des développements en cours et souhaitant s’inspirer des compétences de recherche de l’I2L ».









