
Les transports fluviaux se sont maintenus sur le bassin de la Moselle en 2025 avec une belle dynamique de la filière métallurgique, compensant la diminution des flux de matériaux de construction. Le trafic sur le Rhin, en revanche, est en nette baisse malgré la progression des transports de céréales.
Pour les ports fluviaux du Grand Est, l’évènement marquant du début de l’année 2026 a été la réunion des ports de l’axe mosellan sous une gouvernance unique, avec la création par Voies navigable de France (VNF) de sa première filiale portuaire, Ports de Lorraine SAS. L’exploitation des équipements portuaires a été confiée pour une durée de 15 ans à Lorraine Multi Hubs (LMH), dont l’actionnaire principal est le groupe allemand Rhenus, qui s’est associé ici à Modalis, MGE Intermodal et au Port de Dunkerque.
En ce qui concerne les tonnages transportés, le bilan de l’année 2025 est fortement contrasté d’un bassin de navigation à l’autre. La direction territoriale VNF Nord-Est, c’est à dire principalement les bassins de la Moselle et de la Meuse, reliés par le canal de la Marne au Rhin, a maintenu le même niveau d’activité fret que l’année précédente. C’est à noter dans un contexte national marqué par une baisse de trafic fluvial de 2 % où seul le bassin du Rhône affiche une progression de 6 %.
Stabilité des trafics sur la Moselle grâce à la hausse des exportations de céréales
Cette stabilité du fret fluvial est d’autant plus remarquable que l’activité a été totalement à l’arrêt sur la Moselle pendant un mois et demi en début d’année 2025, suite à deux accidents successifs aux écluses de Müden puis de Sankt-Aldegund sur la partie allemande de la rivière.
Les ports de Moselle, au total, ont manutentionné 4,2 millions de tonnes de marchandises, soit 8 % de moins qu’en 2024. La baisse la plus importante est celle des transports de matériaux de construction (645 000 t, -33 %). Les importations de produits énergétiques, historiquement très importantes sur la Moselle avec les besoins en charbon de la sidérurgie et de la production électrique, avaient connu une résurgence au début de la guerre en Ukraine pour alimenter l’Allemagne dont les terminaux portuaires saturaient. La baisse a repris avec 318 000 t en 2025 (-18 %). Les produits métallurgiques (727 000 t) et chimiques (323 000 t en import) baissent de 6 %. À l’inverse, les produits agroalimentaires connaissent une progression de 6 % avec un volume d’exportation atteignant 2,2 millions de tonnes, les ports céréaliers de la vallée de la Moselle ayant su répondre à la forte augmentation de la demande en fin d’année 2025.
Un net recul des matériaux de construction et des produits chimiques sur le Rhin et la Moselle
Sur le Rhin aussi, ce sont les céréales qui ont connu la plus forte progression, VNF ayant enregistré 30 % de hausse des flux aux écluses de Gambsheim. L’établissement public note en revanche que, sur la partie française du Rhin, « les volumes de matériaux de construction ont nettement diminué en raison d’un ralentissement conjoncturel du secteur du BTP ; tout comme les volumes de produits chimiques principalement impactés par le ralentissement de l’industrie automobile notamment dans le sud de l’Alsace (-18 %) et les trafics de produits pétroliers (-13 %) en raison de la conjoncture du marché. À ces difficultés économiques et géopolitiques, s’ajoutent les contraintes engendrées par des épisodes de basses eaux particulièrement significatifs entre mars et juillet. » Le trafic global atteint 15,7 millions de tonnes en 2025, en retrait de 6 % par rapport aux 16,8 millions de tonnes de 2024, mais demeure à un niveau solide, supérieur à celui de 2023 (14,5 millions de tonnes).
Le ferroviaire continue de progresser à Strasbourg
Les Ports de Strasbourg totalisent 5,8 millions de tonnes de trafic fluvial en 2025, soit 6 % de moins qu’en 2024. Cette diminution des tonnages est, là encore, largement due à la baisse des transports de matériaux de construction, premier flux du port fluvial. Certains trafics sont, malgré tout, en hausse : les 323 499 EVP (« équivalents vingt pieds ») manutentionnés représentent une progression de 1 % du volume de conteneurs, en rupture avec la baisse constatée l’année précédente. Le trafic ferroviaire progresse également de 1 %, à 1,04 millions de tonnes, poursuivant la hausse de 6 % en 2024.
Les Ports du Sud-Alsace (Ottmarsheim, Huningue/Village-Neuf et Mulhouse Île-Napoléon) affichent un tonnage fluvial de 3,8 millions de tonnes, en diminution de 3 %. Son trafic ferroviaire connaît une baisse assez forte de 15 % (465 000 tonnes). Le volume de conteneurs est également en repli et s’est établi, en 2025, à 54 887 EVP (-4 %).









